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Page 3 sur 5 Stéphane Peu, l'alter ego L'influent vice-président chargé du développement économique de Plaine Commune est, comme son camarade, un fervent partisan d'une autre voie pour la gauche.
Breton comme Braouezec - et comme Paillard - Stéphane Peu est l'un des rouages essentiels de la mécanique Braouezec. Autant sur le plan local qu'aux niveaux national et international.
L'homme avait déjà fort à faire en tant que vice-président chargé du développement économique de Plaine Commune depuis le 1er janvier 2005. Mais il est aussi président de son Opac, la nouvelle entité regroupant six offices HLM et sociétés d'économie mixte de l'agglomération. A ce titre, il gère un parc de plus de 22 000 logements sociaux, pour lequel il a lancé un grand programme de rénovation sur sept ans. Omniprésent dans tous les dossiers de rénovation urbaine, il est l'un des interlocuteurs privilégiés des institutions sociales et des entreprises privées. Adjoint chargé de la politique de la ville auprès de Didier Paillard, il sert, par ailleurs, fréquemment de relais entre le nouveau maire et son prédécesseur.
Membre de la direction des Jeunesses communistes en 1983 - instance dont il sera exclu six ans plus tard, lors d'un procès retentissant, pour avoir pris ses distances avec la ligne officielle du parti - Stéphane Peu s'est en outre tissé un solide réseau international. Sa participation au mouvement de gauche transcourants Refondation lui permet, enfin, de côtoyer quelques figures des années 1990, comme Fiterman, Chevènement, Gallo, Halimi… A la demande de Braouezec, le voici, en 1994, chargé de mission à l'hôtel de ville, puis, l'année suivante, adjoint au logement et aux relations internationales. Un mandat qu'il met à profit pour, notamment, rapprocher Saint-Denis de Porto Alegre et des futurs acteurs des forums sociaux.
Fervent partisan d'une candidature collective antilibérale à la gauche du PS, il partage, à la virgule près, la vision - critique - de son camarade Patrick sur la Ve République. Pierre Zarka, parachuté par l'appareil contre le député Berthelot, ne tiendra qu'une législature. En 1988, c'est au tour du fabiusien Henri Weber de faire les frais de la forteresse Berthelot. Braouezec, l'homme ouvert et policé d'aujourd'hui, n'était pas plus tendre que les autres. «Je l'ai connu dans son époque “stal”, raconte en riant Henri Weber, alors candidat aux législatives. A l'époque, même à Saint-Denis, on avait peur de la déferlante PS. Les relations étaient houleuses et dures. Braouezec, qui faisait alors figure de jeune élu prometteur, se coulait largement dans le moule. Des tracts mensongers circulaient à mon égard. Lors d'un pardon - il y a une importante colonie bretonne à Saint-Denis - on a même failli en venir aux mains. Puis, à mesure qu'il a gagné en maturité, Patrick a compris qu'il devait incarner le communisme à visage humain.» En 1991, deux ans après avoir été réélu, Marcelin Berthelot décide de passer la main. «Il n'était plus de son temps et il le savait, souligne Braouezec. Il était conscient, en outre, de la nécessité de rompre les liens. Il me disait: “Tu vois, les gens, on peut les rouler, car ils nous aiment bien.”» Contre l'avis de la direction et non sans mal, Berthelot impose donc son protégé, au détriment du premier adjoint, Maurice Soucheyre, 63 ans. La crispation entre les rénovateurs dionysiens et la ligne «dure» du parti atteindra son paroxysme lors des cantonales partielles de 1994 (voir l'encadré page V), remportées par Didier Paillard, alors adjoint de Braouezec et futur maire. Victime collatérale de l'affrontement, Henri Weber jette l'éponge: «Quand j'ai vu que, malgré leurs divisions, les communistes caracolaient en tête, j'ai réalisé que l'équipe Braouezec était solidement installée.» La voie est libre. D'autant plus que le «coup» du «grand stade» va bientôt donner des ailes à la nouvelle escouade. C'est dès son élection que Braouezec a été approché par un lieutenant de Jacques Chirac. «En fait, déclare-t-il, la proposition avait été refusée par Marcelin Berthelot. Il avait peur de l'ampleur du projet et préférait laisser la priorité à son collègue de Tremblay, très intéressé.» Peut-être, aussi, craignait-il de voir débarquer en son fief une classe moyenne rétive aux communistes… Braouezec, lui, voit très vite les avantages de ce nouveau temple du sport. N'étant pas demandeur, il en profite, avec Paillard, qui travaille avec lui sur le dossier, pour fixer ses conditions: doublement des gares; prolongation des lignes de métro; charte sur l'emploi et, surtout, couverture de l'autoroute A 1 - une requête permanente depuis que la méchante trouée a scindé, en 1960, la ville en deux.
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