Dionysien Saint Denis
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Et le budget c'est combien? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Saint-Denis est aujourd’hui une ville riche et l’une des plus dynamiques de la Seine-Saint-Denis, voire de la région parisienne. Elle a un budget de 183 millions d’euros en 2003 et en 2005 ; il faut y ajouter la part, variable, du budget de la communauté d’agglomération qui est destinée à la ville

(la somme n’est pas négligeable et le transfert à la communauté d’agglomération d’une série de compétences entre 2002 et 2003 a porté sur une somme de l’ordre de 30 millions d’euros, et le budget de la communauté d’agglomération était au total de 303 millions d’euros en 2005), ainsi que celui des entreprises municipales (ou désormais d’agglomération), lui aussi important. La ville a maîtrisé sa dette, d’un montant de 162 millions d’euros en 2003, en diminution par rapport aux années précédentes, avec un ratio de remboursement annuel de l’ordre de 15% de ses recettes. Elle consacre environ 25% de ses ressources à l’investissement et 60% à payer son personnel. Elle compte selon les calculs entre 3.200 agents municipaux ou 2600 salariés équivalent temps plein, auxquels il faut ajouter un nombre important qui relèvent de l’agglomération ou d’organismes parapublics comme l’OPAC (la somme totale est difficile à calculer, d’autant que la municipalité ne s’estpas montrée coopérative en la matière).

Aujourd’hui, une part croissante des compétences passe à la communauté d’agglomération. L’importance grandissante de celle-ci a d’ailleurs poussé le député de Saint-Denis, Patrick Braouezec, qui fut longtemps maire de la ville, à démissionner de cette dernière fonction en 2004 pour prendre la tête de l’agglomération.

La richesse relative de la ville n’empêche pas sa population d’être pauvre et fortement

affectée par des processus de ségrégation sociale, spatiale et ethnique.

Elle compte 20,4% de chômeurs (répartis à peu près à égalité entre hommes et femmes), soit près du double de la moyenne nationale. Cela s’explique en bonne partie parce que les emplois créés sur la ville sont d’abord des emplois qualifiés de cadres ou des couches supérieures d’employés, ce qui ne correspond pas au profil sociologique de la ville. Aujourd’hui, les principales activités productives sont la recherche, la maintenance, la logistique et l’audiovisuel.

 

Les nouvelles entreprises recrutent donc pour l’essentiel hors de Saint-Denis et, si plus de 30.000 dionysiens vont travailler chaque jour en dehors de la ville, un nombre équivalent vient de l’extérieur pour y travailler. Aux chômeurs s’ajoute une proportion importante de personnes ayant un travail précaire. Au total, c’est sans doute une très large majorité des familles qui font l’expérience pour l’un de leurs  membres au moins d’une situation de précarité professionnelle. La ségrégation joue aussi sur le plan ethnique. La ville compte 26% d’étranger (29% pour les hommes, 23% pour les femmes), environ 5 fois la moyenne nationale, beaucoup plus que la moyenne départementale (alors que la Seine Saint-Denis est déjà le département comptant la plus forte proportion d’étrangers en métropole). Les pays de provenance sont surtout le Maghreb, l’Afrique noire (en forte progression ces dernières années) et l’Europe du Sud, avec l’apparition plus récente d’une immigration en provenance de l’Europe de l’Est et d’Asie. Par ailleurs, une bonne partie de la population de nationalité française est en proie aux discriminations du fait de son origine ethnique ou de la couleur de sa peau. Si l’on additionne les populations issues des territoires et département français d’outre-mer (la population antillaise est particulièrement nombreuse sur la ville), la seconde et la troisième génération d’immigrés qui possèdent la nationalité française mais dont le « visage est une page qui ne s’arrache pas », pour reprendre l’expression du groupe de musique Zebda, les « blancs purs camemberts » sont largement minoritaires sur la ville. La présence d’une population majoritairement pauvre et d’origine non métropolitaine est visible pour qui se promène dans la ville. Parmi les multiples discriminations dont elle est victime figure le contrôle au faciès largement pratiqué par la police locale. Celle-ci a la réputation (justifiée) d’être l’une des pires de la région (les violences policières et l’attitude générale de la police à l’égard des habitants ont provoqué des sanctions disciplinaires dans un corps pourtant peu connu pour la rigueur de ses règles d’éthique). Le taux de logement social oscille entre 50 et 55% du total des logements, la part de l’office municipal (désormais fusionné avec les offices voisins dans l’OPAC de l’agglomération Plaine Commune) y étant et de loin la plus importante.

 

Lors des dernières élections municipales, la liste de gauche plurielle dirigée par Braouezec (PCF) a remporté la majorité absolue des votants dès le premier tour, avec 52,99 % des suffrages. En y ajoutant l’extrême gauche, la gauche dans son ensemble a eu près de 67% des voix, l’extrême droite près de 16% et la droite 18%. Le poids électoral de l’extrême droite sur la ville constitue, au-delà de variations d’une année sur l’autre, une constante depuis maintenant près de deux décennies (entre 15 et 30% selon les élections et selon les tours de scrutin). Cependant, il n’a pas de correspondant en termes de forces militantes, à l’inverse des quartiers Nord de Marseille ou de certaines villes du Nord de la France. L’extrême droite a du mal à constituer ses listes et apparaît très peu publiquement ou par associations interposées.

 

Des 53 conseillers municipaux, 43 sont membres de la gauche plurielle (dont 19 au PCF, 10 au PS et 4 aux Verts), 4 à l’extrême droite, 4 à droite et 2 à l’extrême gauche. 23 (43%) desconseillers sont des conseillères. Une donnée clé des élections est constituée par l’importance de la non-inscription sur les listes électorales et de l’abstention (53% pour cette dernière aux dernières municipales). Au total, la participation électorale effective s’approche de taux « à l’américaine ».

Saint-Denis a une vie associative très développée (400 associations sont recensées et leur fête annuelle constitue un événement). Initialement, beaucoup d’entre elles étaient très proches du PCF mais, avec le temps, les liens se sont souvent très distendus, d’autres se sont créées et beaucoup sont désormais indépendantes, voire franchement critiques par rapport à la municipalité. Celle-ci conserve cependant par le biais de ses financements (dont la répartition n’est pas transparente) un important moyen de pression sur le cadre associatif.




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